Comprendre

Se sentir seul

Ça n'arrive pas qu'aux autres, et ça n'arrive pas qu'aux personnes âgées. On peut se sentir seul à vingt ans dans une ville pleine de monde, à quarante ans au milieu de sa famille, à soixante-dix ans après une vie très entourée.

Ce n'est pas un défaut de caractère

La première chose que beaucoup de gens se disent, c'est que le problème vient d'eux. Qu'ils sont mauvais en relations, ennuyeux, trop compliqués. C'est rarement vrai, et c'est presque toujours ce qui empêche de faire le premier pas.

La solitude n'est pas le fait d'être seul. On peut vivre seul et se sentir très bien entouré. On peut être marié, avoir des collègues et des voisins, et se sentir seul quand même. Ce qui manque, ce n'est pas la quantité de contacts, c'est d'avoir quelqu'un à qui on peut dire les choses telles qu'elles sont.

Ce qui l'installe, souvent sans prévenir

Elle arrive rarement d'un coup. Elle s'installe par accumulation, à la faveur de moments de bascule qui ont l'air anodins pris un par un : un déménagement, une retraite, une séparation, des enfants qui partent, un deuil, une maladie qui limite les sorties, un travail qui change d'équipe.

Chacun de ces moments retire une poignée de rendez-vous réguliers de votre semaine. Ce sont eux qui tenaient les liens debout, plus que les grandes amitiés. Quand ils disparaissent, il n'y a rien de dramatique dans l'immédiat, et c'est justement ce qui rend la chose difficile à voir venir.

S'y ajoute un mécanisme injuste : plus la solitude dure, moins on a envie de sortir. On décline une invitation, puis deux, on finit par ne plus être invité, et on en conclut qu'on n'intéresse personne. C'est le cercle qu'il faut casser, et il se casse par de tout petits gestes, pas par un grand changement de vie.

Ce qui aide vraiment

Viser la régularité plutôt que l'intensité. Un café tous les mardis avec la même personne crée plus de lien qu'une grande soirée par an. Le cerveau a besoin de répétition pour transformer une connaissance en ami.

Passer par une activité. Se retrouver pour marcher, jouer aux cartes ou jardiner est bien plus simple que se retrouver pour parler. L'activité donne un sujet, un début et une fin, et elle enlève la pression de devoir remplir le silence.

Accepter que les premières fois soient un peu raides. Presque personne n'est à l'aise au premier rendez-vous avec un inconnu. Ce n'est pas le signe que ça ne marchera pas, c'est le passage obligé.

Chercher près de chez soi. La distance est le premier tueur de bonnes intentions. Quelqu'un à vingt minutes à pied, vous le reverrez. Quelqu'un à l'autre bout du pays, non.

En parler à un professionnel si ça pèse trop. Quand la solitude s'accompagne d'un sommeil qui se dérègle, d'une fatigue qui ne passe pas ou d'idées noires, ce n'est plus une question d'agenda. Un médecin généraliste est un bon point de départ, et les numéros en haut de cette page répondent tout de suite.

Ce que Stop Solitude peut faire, et ce qu'il ne peut pas

Stop Solitude sert à une chose : vous mettre en lien avec des personnes qui vivent près de chez vous et qui cherchent la même chose que vous, puis vous laisser vous voir en vrai. Il y a des personnes, des activités qu'elles proposent, et des conversations. L'accès est offert.

Ce n'est pas un service de soin, pas une ligne d'écoute, pas un service d'urgence. Personne derrière l'écran ne surveille votre état. Si vous traversez un moment difficile, les numéros plus haut sont faits pour ça, et ils sont tenus par des gens formés pour écouter.

Comment rencontrer des gens près de chez soi, concrètement

Le premier bonjour est à un clic.

L'accès est offert. Quelques minutes suffisent. Vous choisissez ce que vous partagez.

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